Fiche oiseau : La grue cendrée

La grue cendrée (grus grus)

La grue cendrée est un des oiseaux symboliques de la migration en Europe. Elles annoncent pour chacun, lorsque nous les voyons passer dans le ciel dessinant un « V », les changements de saison. Au printemps, une troupe de grues survole une forêt et des paysages du sud de la France. Elles nous font rencontrer des cigognes lors d’une étape dans le marais.
Nous suivons les grues le soir où elles se posent dans un marais, milieu essentiel pour les oiseaux migrateurs, représentant à la fois une étape pour dormir et un lieu de nourrissage. Le matin, réveillées par un vol groupé et synchronisé d’étourneaux, nous assistons à leur grand envol vers le nord.
En automne, nous les retrouvons en train de traverser la chaîne pyrénéenne avant qu’elles atteignent leur lieu d’hivernage : l’Estrémadure !

Caractéristiques :
Taille : 110-120 cm
Poids : 4 à 6 kg
Vol : 45 à 70 km/h
Altitude : 1000 m
Distance parcourue : 3000-5000 km

La Grue cendrée est l’un des plus grands oiseaux d’Europe, avec une envergure de 2 m. Cette espèce vit en couple, uni généralement à vie. Elle devient par contre grégaire lors de la migration et de l’hivernage où des groupes de plusieurs milliers peuvent être observés.
Un des comportements les plus gracieux est leur fameuse parade nuptiale, véritable danse. Elle peut être réalisée soit par un individu isolé, soit par un couple ou en groupes. C’est surtout au printemps que l’on observe ce comportement.
En migration, le premier envol des grands groupes a lieu juste avant le lever du soleil. Après le décollage, les groupes de Grues, d’importance variable, se dirigent toujours d’un vol direct vers les zones de nourriture, accompagnés ou non de cris.
Les grues sont très craintives et décollent à la moindre alerte. Le son rauque que la Grue émet joue un rôle très important dans la communication lors des vols migratoires et des reconnaissances lors de la parade nuptiale.
Les parents muent après l’envol des jeunes, c’est une mue totale (en juillet, et tous les 2 à 4 ans.), ils ne peuvent donc plus voler pendant 5 à 6 semaines.

Alimentation : Les grues se nourrissent de racines, tubercules, rhizomes, feuilles, fruits, graines, petits animaux. En hivernage, elles fréquentent notamment les champs de maïs.

Habitat : Saison de reproduction: Petits marais au milieu d’épaisses forêts
En hivernage: paysage découvert de grande plaine (la péninsule Ibérique), champs de maïs.

Reproduction :
Les parades nuptiales commencent sur les lieux d’hivernage.

Nid : grand tas de végétation sèche construit à terre par les deux sexes. Réutilisé année après année.

Ponte : 2 œufs en général pondus à 2 jours d’intervalle (en Mai). Une ponte de remplacement peut être réalisée en cas de perte de la première.

Incubation : 28 à 31 jours. Les deux parents couvent, par intervalle de 2 à 4 heures. Les éclosions sont asynchrones.

Élevage des jeunes : Les poussins, précoces et nidifuges, peuvent quitter le nid 2 jours après l’éclosion. Ils peuvent très vite suivre leurs parents et se faufiler dans les marais à la recherche d’insectes, mollusques et petits vertébrés.
Le mâle prend en charge le premier poussin éclot, pendant que la femelle couve le deuxième œuf. Chaque parent s’occupe d’un poussin et le nourrit en lui donnant la becquée. Ils s’envolent vers les 65-70èmes jours, cela intervient entre la mi-juillet et la fin août. Les jeunes partent en migration avec leurs parents. Ils présenteront un plumage brunâtre qu’ils conserveront pendant une année.

Maturité sexuelle : vers 4-5 ans.

Migration :
La voie de migration occidentale (passage via la France puis hivernage en Espagne) est alimentée par la population des rivages Sud de la Mer Baltique, une partie de celle des pays Scandinaves et peut-être quelques groupes venant de Russie.
Les voies de migration orientales drainent l’autre partie des populations de Grues de la Scandinavie, celles de Finlande et de l’ouest de la Russie, pour se diriger vers les sites d’hivernage du Proche et du Moyen-Orient et, particulièrement, la vallée du Nil. Les hivernants de Tunisie appartiendraient également à ces populations.
Les déplacements migratoires s’effectuent de jour comme de nuit à des altitudes comprises le plus souvent entre 200 et 1 000 m.
Migration printanière: Dès février, la migration reprend pour rejoindre les zones de reproduction du nord de l’Europe. Le passage est plus rapide qu’à l’automne et culmine entre le 5 et le 15 mars en France. La taille moyenne des vols est beaucoup plus élevée par rapport à la période post-nuptiale.
Des grands rassemblements sont observés au printemps à l’île Rügen. Début avril, les oiseaux quittent ce lieu et vont jusqu’au lac Hornborgasjön (Suède). Le spectacle du ballet des Grues lors de leurs parades nuptiales a rendu Hornborga célèbre dans l’Europe entière.
Migration automnale: Après l’élevage des jeunes, en août et septembre, des milliers de Grues se rassemblent sur l’île suédoise d’Oland. De là, elles gagnent la côte sud de la Mer Baltique : l’île Rügen et ses environs accueillent en Octobre au moins 30 000 oiseaux, tandis que 15 000 autres stationnent plus à l’intérieur de l’Allemagne.
La vague principale de migration se situe au mois de Novembre pour la France. Les autres suivent en Décembre. Selon les conditions météorologiques, une fraction plus ou moins importante des effectifs s’arrête dans le nord-est de la France (Lorraine et Champagne) et dans le sud-ouest (Landes de Gascogne).
Les Grues empruntent un couloir d’environ 200 km de large, orienté sud-ouest. La lagune espagnole de Gallocanta est la dernière étape avant la dispersion sur les grandes zones d’hivernage du sud-ouest du pays (Estremadure).

Statut : Pas globalement menacée.

Où et quand les voir ?

  • Ile Öland (Suède), Septembre
  • Rügen (Allemagne), Mi-mars, Octobre
  • Lac d’Hornborga (Suède), Avril
  • Lac du Der (France, Champagne), Novembre
  • Lagune de Gallocanta (Espagne), Décembre, Février
  • Estrémadure (Espagne): près de Badajoz et de Cordoue, Janvier
  • Vallée du Nil (Égypte), Janvier