Fiche oiseau : La bernache nonnette

La bernache nonnette (branta leucopsis)

On retrouve ses oiseaux au printemps dans les contrées groenlandaises où elle va se reproduire. Dès que les jeunes sont aptes à suivre leurs parents, les familles de bernaches nonnettes partent vers les côtes européennes en survolant les étendues désertiques du centre de l’Islande et en affrontant les tempêtes automnales de l’Atlantique Nord.

Caractéristiques :
Taille : 70 cm
Poids : 1.5 kg
Vitesse : 80 km/h
Altitude : moins de 500 m
Distance parcourue : env. 3000 km

Comme souvent chez les bernaches, les nonnettes ont une petite tête ronde prolongée d’un bec assez court ; la tête est blanche, contrastant avec le cou, la nuque et le sommet du crâne qui sont noirs.
Les bernaches nonnettes aiment passer l’hiver en grands groupes sur les côtes nord-ouest de l’Europe. Très grégaires en dehors de la période de reproduction, elles sont aussi très querelleuses et très bruyantes.

Habitat : Les bernaches nonnettes nichent dans la toundra arctique de la côte nord-est du Groenland, de Nouvelle-Zemble et du Spitzberg.
De l’automne au printemps, elles se regroupent dans les prairies côtières, les îles herbeuses, les polders et les prés salés du nord-ouest de l’Europe.

Alimentation : Ces oies sont essentiellement herbivores et broutent la végétation herbacée poussant sur la terre ferme.

Reproduction :
Nid : pour construire leur nid – un tas d’herbes amalgamées de fientes et recouvert de duvet bien chaud qu’elles arrachent de la plaque incubatrice située sur leur ventre, elles choisissent en général des sites inaccessibles aux prédateurs terrestres comme le renard polaire. C’est pourquoi on les observe souvent installées dans de petites falaises surplombant un lac ou une rivière, en petites colonies lâches de 5 à 50 couples, mais rarement isolées.

Ponte : 4 œufs, en moyenne, sont pondus vers la mi-juin.

Incubation : elle dure environ 24 jours et commence à la ponte du dernier œuf.
Seule la femelle couve, le mâle montant la garde près du nid.

Éclosion : éclosions synchrones, tous les poussins naissent en même temps.

Élevage des poussins : les poussins sont précoces et nidifuges ; ils se nourrissent seuls, sous la protection des parents. Leurs pattes et leurs cuisses se développent plus rapidement que le reste du corps, ce qui leur permet de courir et sauter très tôt.
Les nichées quittent rapidement le nid et errent en groupes nomades, parfois à plus de 40 km du nid. Les familles se rassemblent souvent, surtout pendant les 3 à 4 semaines (de mi-juillet à mi-août) de mue totale des parents, durant laquelle ces derniers perdent l’aptitude à voler. Les jeunes bernaches sont capables de voler au bout de 40-45 jours mais restent avec leurs parents pendant l’automne et l’hiver qui suivent. La séparation intervient lors de la migration de printemps.

Maturité sexuelle : la première reproduction intervient en général vers l’âge de 3 ans.

Migration :
Migration printanière.
Les bernaches nonnettes quittent leurs quartiers d’hiver vers la mi-avril pour arriver sur les sites de reproduction arctiques à la fin du mois de mai, alors que la couche neigeuse commence à peine à fondre.
Les nonnettes qui vont migrer en direction de la Nouvelle-Zemble commencent leur voyage un peu plus tôt, à partir de la fin du mois de mars.
Migration automnale
Les trois populations distinctes de bernaches nonnettes hivernent en trois lieux différents. Les nonnettes du Groenland partent la première quinzaine de septembre et se dirigent, via l’Islande où elles passent quelques jours, vers les îles du nord de l’Irlande et de l’ouest de l’Écosse où elles arrivent durant la deuxième quinzaine d’octobre.
Les populations du Spitzberg préfèrent les côtes basses de l’Angleterre, notamment les zones inondables et inondées. Elles partent durant le mois de septembre, longent les côtes norvégiennes, traversent la Mer du Nord, le sud de l’Écosse puis le nord de l’Angleterre. Les premières arrivent fin septembre, début octobre.
Les populations de Nouvelle-Zemble partent fin août – début septembre ; elles migrent vers la Mer Blanche, survolent St-Petersbourg à partir de la fin septembre, passent le Golfe de Finlande, la Baltique et le nord de l’Estonie (entre la mi septembre et la mi novembre).
Elles marquent une halte sur l’île de Gotland en Suède, puis volent vers le nord de l’Allemagne jusqu’à leurs principaux quartiers d’hiver sur les polders hollandais.

Statut : Dans les années 1980, on estimait l’ensemble des populations à presque 100000 individus. Il semblerait que cette espèce soit en expansion, gagnant de nouveaux sites de reproduction plus au sud de leurs zones traditionnelles dans le haut arctique.

Où et quand les voir ?
– Réserve de Caerlaverock et sur l’île d’Islay, en Écosse : en début et en fin d’hivernage, lorsqu’elles sont le plus concentrées, c’est-à-dire en Novembre et en Mars.
– Polders Hollandais : en janvier.