La bernache du Canada (branta canadensis)
Les bernaches du Canada nous emmènent survoler les sublimes paysages du Nord-Est de l’Amérique du Nord, les immenses forêts aux couleurs de l’été indien et les grandes mégapoles bruyantes et illuminées.
Caractéristiques :
Taille: 55 à 110 cm,
Poids: 2 à 7 kg,
Vitesse: 50-80 km/h,
Envergure: 120 à 190 cm
Altitude : 500-1000 m
Distance parcourue : 500-3000 km
C’est l’oie la plus répandue en Amérique du Nord et celle dont l’aire de répartition est la plus vaste. Tête et cou noirs soulignés par une bande blanche très caractéristique sur la joue, remontant derrière l’œil. Souvent appelée Honker aux USA et au Canada, du fait du cri très sonore qu’elle pousse en vol.
Les nombreuses populations, isolées à travers tout le continent par différentes barrières naturelles (montagnes, glaciers, forêts denses…) impropres à la nidification, sont à l’origine d’une grande variation de taille, de proportions corporelles (longueur relative du cou et allongement du corps) et de couleurs (les parties inférieures passent du gris-perle pâle au noisette et au brun noirâtre).
Les scientifiques dénombrent ainsi une douzaine de sous-espèces. La plus grande est de la taille d’un cygne siffleur, avec une voix grave, un cou et un corps allongés. La plus petite est de la taille d’un canard colvert, avec un corps massif et rond, un cou très court et une voix aiguë et caquetante.
La bernache du Canada est une oie très vigilante, en alerte, elle replie son cou en S. Agressive surtout lorsqu’un intrus s’approche du nid. Elle est connue pour poursuivre et combattre les pygargues à tête blanche qui se sont aventurés trop près de ses poussins.
Habitat : Se plaît dans de nombreux habitats différents, de la toundra au semi-désert de l’intérieur du continent, de la forêt aux espaces dégagés. Une constante : la proximité de l’eau.
Alimentation : Essentiellement végétarienne, elle se nourrit de feuilles, de racines, de tiges, de fruits, des parties vertes de plantes aquatiques. Elle préfère brouter au sol, mais une fois sur l’eau, elle ne dédaigne pas plonger la tête pour brouter les plantes du fond de l’eau.
Reproduction :
Le début de la saison de reproduction dépend de la localité et de la sous-espèce considérée. Elle commence en général fin-mars/début-avril dans le sud de l’aire de répartition, mais peut tarder jusqu’à fin-mai/début-juin dans le nord.
Les oies nichent en couple isolé ou en colonie. Elles construisent le plus souvent un nid devégétaux à même le sol, parfois dans des falaises ou dans des arbres (elles récupèrent alors un vieux nid de corvidé ou de rapace). La taille de la ponte, la durée de l’incubation et de l’élevage des jeunes varient considérablement selon la sous-espèce.
Les données pour l’ensemble de l’espèce sont de : 4 à 7 œufs, incubés de 24 à 30 jours ; les poussins, brun-olive terne, s’envolent au bout de 40 à 86 jours. Première reproduction à 2-3 ans. Les petites sous-espèces se reproduisent plus au nord, où l’été plus court oblige à une reproduction en accéléré : petit nombre d’œufs, incubés et élevés rapidement.
Après l’éclosion des poussins, les familles partent à pied (les adultes muent alors leurs plumes de vol) et peuvent parcourir ainsi des distances considérables. La famille reste très soudée.
Migration :
Migration printanière :
En attendant que la neige et la glace disparaissent des zones de reproduction que les oies atteignent dès la fin du mois d’avril, elles se déplacent de clairière en clairière le long des rivières en se nourrissant, dans les zones libres de neige, de carex et de baies qui restent de l’automne précédent. Souvent, des tempêtes de neige tardives forcent les premières oies arrivées à retourner plusieurs fois vers le sud.
Migration automnale :
La famille reste unie pendant la migration d’automne et tout l’hiver. Début août, toute la famille est prête à s’envoler et nombre d’entre elles se regroupent sur les rives des baies d’Hudson et James où elles se nourrissent de baies et accumulent une couche de graisse avant de migrer vers le sud. Elles se rassemblent ainsi à plusieurs dizaines de milliers. Certaines s’attardent là jusqu’au début d’octobre, puis partent toutes en même temps.
Statut :
La population mondiale est estimée à 3/5 millions d’individus, mais le statut des différentes sous-espèces est très variable. Les grandes sous-espèces sont en général abondantes, voire même en augmentation, et constituent la majorité des populations férales établie hors de l’aire de répartition naturelle de l’espèce (Europe, Nouvelle-Zélande).
D’autres sous-espèces diminuent souvent à cause de modifications de l’environnement dans leurs quartiers d’hiver et à cause d’une forte pression de chasse. Seules 2 sous-espèces ont décliné de façon préoccupante, l’une d’elles étant classée CITES I.
Où et quand peut-on les voir ?
– Lac Saint-Pierre (à 120 km à l’ouest de Québec) : 150 000 Bernaches du Canada à la fin d’Avril au Québec (Canada) : Les principales concentrations se trouvent le long de Ungava Bay, sur la côte est de la Baie d’Hudson, et sur Ungava Peninsula (46 058 couples en 1996).
Ces oies vont hiverner de la Nouvelle-Angleterre jusqu’en Caroline du sud, mais les principales concentrations sont à Delmarva Peninsula. Les populations nicheuses au sud du Québec, dans le sud des provinces maritimes et dans les tous les états américains le long de la voie de migration atlantique sont sédentaires.
On dénombrait dans cette zone 932 592 individus au printemps 1996. Une population niche sur l’île Akimiski, dans la Baie James (122 987 individus se reproduisaient début juin 1996). Ces oiseaux hivernent du sud du Michigan au Mississippi, Alabama, Géorgie et Caroline du Sud et rejoignent alors toute la population résidente de la vallée du Mississippi estimée à 678 805 individus.
Les populations des plaines du Manitoba (sud et ouest de la Baie d’Hudson) hivernent au Swan Lake National Wildlife Refuge (Missouri), où elles étaient 255 700 en décembre 1995.

