Fiche oiseau : Le pélican blanc d’Afrique

Le pélican blanc d’Afrique (pelecanus onocrotalus)

Les grands pélicans sont les guides qui nous invitent à la découverte du continent africain. Nous survolons avec eux des déserts, des savanes, des marais et des lagunes, nous rencontrons d’autres oiseaux et d’autres animaux africains, participons aux séances de pêche collective très mouvementées.

Caractéristiques :
Taille : 150-180 cm
Poids : 5 à 15 kg selon le sexe
Vol : 60 km/h en vol battu, 30 km/h en vol plané
Altitude : jusqu’à 3000 m
Distance parcourue : 4000 km

C’est l’un des plus grands et des plus lourds oiseaux volants du monde. Malgré son poids, son vol est extrêmement gracieux ; il aime associer vol battu et longues glissades planées. Le vol battu est utilisé afin de rejoindre une ascendance thermique dans laquelle les pélicans vont se laisser emporter très haut en altitude pour ensuite planer jusqu’à la prochaine ascendance.
Le décollage est laborieux : le pélican doit courir sur une assez longue distance pour acquérir la vitesse nécessaire, plus exactement il saute à pieds joints. Son bec étonnant peut s’écarter pour laisser passer un gros poisson. La poche est utilisée comme épuisette et comme sac de voyage dans lequel le pélican ramène du poisson à ses poussins ou bien des matériaux pour construire le nid. Contrairement à d’autres espèces de pélicans, le pélican blanc d’Afrique ne se perche jamais dans les arbres.

Alimentation : Les pélicans mangent exclusivement du poisson. La grande majorité des poissons pêchés font moins de 10cm et pèsent une centaine de grammes. Mais ils ne dédaignent pas des proies beaucoup plus grosses approchant les 3 kg, notamment les poissons-chats, malgré leurs dangereuses épines pectorales.
Ces pélicans aiment pêcher en groupe, poussant lentement les poissons vers des eaux peu profondes. Un pélican adulte mange près d’1 kg de poissons par jour.

Habitat : Ils fréquentent de grandes étendues d’eau douce ou saumâtre à rives dégagées ou plantées de roseaux. On les trouvent dans des zones semi-tempérées d’Europe du Sud-Est et d’Asie centrale jusqu’à une grande partie de l’Afrique.

Reproduction :
Très craintifs, ils recherchent, pour installer leurs nids, des lieux isolés et inaccessibles aux prédateurs terrestres. En Afrique, la saison de reproduction n’est pas bien définie ; elle est surtout liée à la saison des pluies et à la présence de poissons. Dans la zone semi-tempérée de l’aire de répartition, la saison de reproduction est très marquée et commence à partir du mois d’Avril.

Nid : les nids sont regroupés en colonies assez denses, avec environ un nid par mètre. Le mâle apporte des matériaux qu’il peut avoir récolté assez loin et les dépose aux pieds de la femelle qui organise le nid.

Ponte : 1 à 2 œufs sont pondus.

Incubation : elle commence à la ponte du premier œuf et les deux parents y participe également. Elle dure une trentaine de jours.

Élevage des jeunes : les poussins naissent nus et roses l’un après l’autre, leur peau devient très vite noire, un duvet brun apparaît au bout de 15 jours. A l’âge de 20-25 jours, le poussin commence à quitter le nid et il rejoint d’autres jeunes pélicans pour former des crèches pouvant compter plus de 100 poussins. Il vole parfaitement à partir de 65-70 jours et devient alors totalement indépendant.

Maturité sexuelle : vers 3-4 ans.

Migration : Les pélicans qui résident en Afrique ne sont pas à proprement parler migrateurs, ils se déplacent au fil des saisons et de la disponibilité en eau et en poissons.
Migration printanière : les pélicans qui ont hiverné en Afrique et en Inde remontent vers le nord et vers leurs zones de reproduction (Grèce, côtes de la Mer Noire,Turquie, Côtes des Mers Caspienne et d’Aral) entre les mois de Mars et Mai.
Migration automnale : l’essentiel des pélicans d’Europe et d’Asie qui vont hiverner en Afrique passe Israël et l’Egypte où l’on assiste, entre Septembre et Novembre, à de spectaculaires passages de plusieurs dizaines de milliers d’individus.

Statut : Les colonies d’Asie Centrale sont sur le déclin alors que celles qui sont installées sur le pourtour de la Mer Noire semblent au contraire en augmentation.
En Afrique, on estime la population totale entre 50 et 75 000 couples.
En Europe (Russie comprise), on estime à 10 000 couples reproducteurs, ainsi qu’un grand nombre de non-reproducteurs.

Où et quand les voir ?
– En migration automnale, en Israël à la fin du mois de Septembre.
– En reproduction, dans le Parc National du Banc d’Arguin (Mauritanie), dans le Parc National du Djoudj (Sénégal), au Kenya, en Tanzanie, en Afrique du Sud.
– En hivernage, dans le Parc National de Bharatpur (Rajasthan, Inde).