Présentation du film Edmond, par JPB

Edmond est un film réalisé par Alexis Michalik en 2019, avec pour interprètes principaux : 

  • Thomas Solivérès, dans le rôle d’Edmond Rostand,
  • Olivier Gourmet, dans le double rôle de Constant Coquelin et de Cyrano de Bergerac, 
  • Mathilde Seigner dans le rôle de l’actrice Maria Legault,
  • Tom Leeb dans le double rôle de Léo Volny et de Christian,
  • Lucie Boujenah, dans le double rôle de Jeanne et de Roxane, 
  • Alice de Lencquesaing, dans le rôle de Rosemonde Rostand, 
  • Clémentine Célarié dans le rôle de Sarah Bernhardt,
  • et Dominique Pinon dans le rôle du régisseur Lucien. 

L’auteur, Alexis Michalik, interprète un second rôle, celui de Georges Feydeau.

Le budget est de 8.500.000 euros, ce qui reste un budget raisonnable (Cyrano de Bergerac a coûté plus de 15.000.000 d’euros).

Le tournage a eu lieu en Tchéquie (à Prague et à Karlovy Vary), ainsi qu’à l’abbaye Saint-Pierre à Moissac, en Tarn et Garonne.

Au box-office, le succès du film, sorti sur les écrans en janvier 2019, a été évalué à 700.000 entrées en avril de la même année.

Le film raconte la naissance en 1897 de la pièce d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, la pièce de théâtre la plus jouée en France depuis sa création. La rumeur dit que chaque soir de l’année, elle est jouée quelque part dans le monde. En dépit de l’intrigue propre à la pièce de Michalik, le personnage de Cyrano, créé par Rostand, reste le thème central, celui qui magnétise le public, et que Cyrano définit lui-même dans les termes suivants, au moment de sa mort : « philosophe, physicien, rimeur, bretteur, musicien et voyageur aérien, grand riposteur du tac au tac, amant aussi – pas pour son bien ! -, ci-gît Hercule-Savinien de Cyrano de Bergerac, qui fut tout, et qui ne fut rien, mais il y a quelque chose que j’emporte, quelque chose que sans un pli, sans une tache, j’emporte malgré vous, et c’est… mon panache ! »[1].

Edmond est une comédie, tenant parfois du vaudeville, tandis que Cyrano était une comédie dramatique (qualifié aussi de comédie héroïque ou encore de drame romantique), un rebondissement tardif de l’approche romantique alors que celle-ci était passée de mode, éclipsée par la marée montante des vaudevilles.

Tout le monde a entendu parler du succès phénoménal de la pièce de théâtre éponyme d’Alexis Michalik, achevée en 2016. En 2017, elle a été récompensée par 5 Molière. Nous sommes d’ailleurs plusieurs membres du ciné-club à l’avoir vue à l’époque. Aujourd’hui, la pièce est toujours programmée, au Théâtre du Palais-Royal, 9 ans après sa création, et après 1.900 représentations.

On pense, légitimement, que son auteur, devant le succès considérable de sa pièce, a conçu l’idée d’en faire un film. Mais c’est une erreur. En réalité, Alexis Michalik avait tout d’abord écrit un scénario de film, et c’est devant la difficulté de trouver un financement pour un auteur peu expérimenté dans le cinéma, qu’il a décidé d’en faire une pièce de théâtre. Et pour finir, c’est le succès de la pièce de théâtre qui a permis à l’auteur de revenir à son projet initial, et de tourner enfin le film, qu’il a d’ailleurs modifié en tenant compte de la pièce et de son succès. Contrairement aux apparences, c’est donc le film qui précédait la pièce : comme le dit l’auteur, « le scénario est à présent l’adaptation de la pièce qui était à l’origine l’adaptation du scénario ! »[2].

Il reste à se demander s’il existe des divergences majeures entre la pièce et le film. J’ai vérifié très précisément et le constat est simple : Michalik s’est contenté d’éliminer quelques longueurs de la pièce, sans doute constatées lors des représentations, mais il n’a pas modifié la structure de la pièce ni l’ensemble de son texte.

Comment conclure cette brève présentation, sinon par une petite pirouette ?

Maintenant, cher public, laissons-nous embarquer

Dans un récit baroque qui va vous défriser

Sans pause et sans répit, l’intrigue se déploiera

Pour le plus grand plaisir, avec maestria,

Feu follet folâtrant dans un jeu de cache-cache

Qui verra triompher mais quoi donc ? le panache

JPB


[1] Tirade finale de Cyrano, légèrement abrégée dans la comédie Edmond.

[2] Alexis Michalik, Interview donné à Stéphane Maltère, Edmond, Magnard 2018, p. 195.